Avec l’apparition des négationnistes, révisionnistes et autres falsificateurs de l’histoire, le désir de témoigner s’est imposé à moi. Aussi depuis plusieurs années je me rends dans les écoles et centres d’études pour apporter mon témoignage aux jeunes, partager avec eux mon souci de la mémoire et leur raconter de la manière la plus pédagogique possible et surtout sans haine, l’histoire relativement récente.

L’âge de certains de mes auditeurs correspond à celui que j’avais lors de ma déportation. Ils ne manquent pas de s’en rendre compte et en sont d’autant plus touchés et attentifs.

Au cours de mes témoignages, je prends soin de faire remarquer à mes jeunes auditeurs que les juifs n’étaient pas les seuls à avoir subi l’oppression nazie. Il y avait aussi des tziganes, des slaves et des opposants politiques de l’Europe occupée.

En aucun cas, je ne voudrais que les élèves décèlent en mes propos la moindre trace de prosélytisme.

Raconter sept années de Vienne à Auschwitz, de 1938-1945, de l’annexion de l’Autriche à la libération, en deux ou trois heures n’est pas un exercice facile, mais ces séances sont largement récompensées par les courriers et les dessins que je reçois des élèves et dont un certain nombre sont joints à cet ouvrage.

Nombreuses sont les questions pertinentes qui me sont posées.

Elles n’émanent pas nécessairement des plus âgés. Ce sont les plus jeunes élèves qui trouvent souvent les termes les plus justes et les plus émouvants pour s’exprimer.

Les plus fréquentes sont :

a) Quelles leçons avez-vous tirées de votre passé ?

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Copyright 2007 Patrick Benichou