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Lors de notre rencontre, Bonzius m’a donné des photos qu’il avait prises à Bobrek. Curieusement les Allemands prenaient plaisir à photographier ces damnés de la terre pour les montrer comme une sorte de trophée en rentrant dans leurs foyers. En mai 1985 a eu lieu à Jérusalem, au Mémorial de Yad Vashem, la commémoration du 40ème anniversaire de la défaite nazie. Cinq mille survivants du monde entier étaient là, réunis dans une parfaite communion. Yad Vashem, haut lieu de la mémoire, chargé des multiples souvenirs, comprend plusieurs musées, des salles d’archives, et des monuments. Yad Vashem traduit parfaitement ce que fut le désastre de la Shoah. Une allée bordée d’arbres sous lesquels se trouvent des plaques gravés aux noms de ceux qui ont été déclarés « JUSTES PARMIS LES NATIONS». Ils sont ainsi nommés parce qu’au péril de leur vie ils ont sauvé d’autres vies ! Dans une bibliothèque figure l’histoire de chacun d’eux. Une imposante salle d’informatique, des ordinateurs contenant un maximum d’informations sont tenus à la disposition des visiteurs et chercheurs. La naissance le 18 décembre 1989 de mon petit-fils Adrien-Benjamin fut un événement particulièrement heureux, émouvant, comme chaque fois lorsque la continuité de la famille est assurée. La nôtre si réduite s’agrandissait et nous mettons tous nos espoirs entre ses mains. Mais il est impossible même à ces moments là de ne pas penser aux drames vécus par notre génération sans s’interroger sur les moyens pour qu’ils ne se reproduisent plus. Lors de sa circoncision j’ai pris conscience que par le hasard de la descendance, j’étais le dernier de ma lignée paternelle. Certes ceci est d’une importance toute relative, mais suscite néanmoins une interrogation chez tout homme arrivé à l’automne de sa vie. Cette pensée m’a partiellement permis de comprendre pourquoi selon la Kabbale « nom » et « livre » ont une même valeur numérique. En effet, quand l’auteur et avec lui son nom disparaît, ses livres lui survivent ! Le souvenir de ses grands-parents sont désormais entre les mains de mon petit-fils Adrien- Benjamin ; je lui fais confiance. Il saura les garder à sa manière et ce récit y contribuera peut être ! Le Président Chirac lors de la commémoration de la rafle de Vel d’Hiv le 15 juillet 1995, a fait une déclaration sur la responsabilité de la France et de certains français dans les arrestations et déportations des juifs de France. |
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Copyright 2007 Patrick Benichou