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Norbert a pris l’autocar pour retourner chez lui tandis que j’ai couru frapper à la porte d’un officier en retraite. Dans son uniforme de commandant il m’avait impressionné par son allure. Je le savais gaulliste et pensais naïvement pouvoir compter sur son aide. Mon père le considérait comme un ami et se rendait chez lui pour écouter Radio-Londres. J’ignore toutefois en quelle langue ils communiquaient, mon père ne parlant pas français. Longuement j’ai sonné à sa porte. Contrairement à mon attente, elle est restée fermée. Pourtant j’ai entendu des pas derrière elle ! Savait-il pourquoi j’insistais tant ? Pour quelle raison refusait-il de venir à mon secours ? Je l’ignore ! Il ne prenait pourtant à ce moment aucun risque. Être gaulliste semble avoir été sa seule qualité ! Après la Libération, j’ai appris qu’il était devenu le responsable de la résistance locale ! Quelle ironie ! À mon égard, il avait manifestement manqué de courage et de solidarité. Obligé de faire un grand détour, sa maison jouxtant la gendarmerie, je me rendis chez le docteur Ricalens, ne pouvant aller chez nos amis Brunel, Crayol ou Pauline au Padouvenc-Notre-Dame, nos bonnes relations avec eux étant trop connues. Lui seul pouvait se rendre auprès de mon père sans éveiller de soupçons. En possession d’une voiture, rare à l’époque, il aurait pu éventuellement me conduire à une cachette. |
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Copyright 2007 Patrick Benichou