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Adresse et numéro de téléphone de l’expéditeur.
Monsieur le Commissaire Aux Questions Juives. Paris, le 20 mai 1941
« Des milliers de Juifs étrangers ou non ont été envoyés dans des camps de concentration. Je n’y vois aucun inconvénient et je m’en moque, n’étant ni pro-sémite ni antisémite. Mais, ce dont je ne me moque pas, ce sont des incidences de cette mesure que l’administration n’a pas prévues, naturellement. J’avais donné à réparer deux paires de chaussures, à ma femme et à moi, presque neuves (des coins d’acier à poser) à un petit cordonnier de la rue Lemercier, dont je ne savais rien, si ce n’est qu’il travaillait fort bien. Quand je suis allé rechercher ces chaussures, samedi dernier, j’ai trouvé la boutique fermée et le savetier dans un camp ! Et nos chaussures ? Devrons-nous sortir en pantoufles, car il ne faut pas songer à les remplacer par ces temps de cartes, tickets ou bons ? Au Commissariat de Police, on ne sait rien, si ce n’est qu’il faudra, peut-être, attendre la nomination d’un Commissaire Gérant, c’est-à-dire des mois et combien de paperasse, démarches et formalités ? N’étant certainement pas le seul dans ce cas, je vous serais obligé, Monsieur le Commissaire, de bien vouloir me laisser savoir ce qu’il faut faire pour rentrer en possession de ces chaussures, dont le besoin est impératif. Veuillez agréer, je vous prie, l’expression de ma considération distinguée. »
Signé : P. V.
Ci-joint timbre pour la réponse. |
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Copyright 2007 Patrick Benichou