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Parmi les classiques cadeaux reçus, il y avait de nombreux livres, plusieurs stylos, quatre jeux d’échecs, un jeu de ping-pong et surtout la montre tant désirée et promise par ma grand-mère ! Attendre une montre durant des mois, voire des années, et la garder précieusement toute sa vie paraît aujourd’hui dérisoire. La génération « Swatch » a désacralisé ce cadeau classique des grands-parents.
Ma grand-mère tient une place particulière dans ma vie et dans ma mémoire. D’une tendresse sans limite à mon égard, elle semblait fragilisée par son âge. Je lui ai toujours connu un regard triste, et son histoire l’était aussi. Elle était restée orpheline à seize ans après un « pogrom », cette agression fréquente, tolérée par le régime tsariste. Les cosaques à cheval, armés, arrivaient en horde, pillaient, violaient les femmes et mettaient le quartier juif à feu et à sang. Elle fut recueillie par un oncle acariâtre, qui l’obligea à épouser un homme beaucoup plus âgé qu’elle et de surcroît malade. Il mourut peu de temps après leur union. Courageusement, elle s’enfuit pour rejoindre une autre parente dans un village voisin. Là, un jeune veuf père de deux enfants lui a été présenté. C’était mon grand-père, Pessach. Ils se sont plu dès leur première rencontre. Il lui dit simplement de cesser de se tourmenter et lui demanda de devenir sa femme. Cette seconde union lui apporta enfin un vrai foyer et le bonheur. Ils eurent trois fils et quatre filles s’ajoutant aux deux enfants qu’avait déjà eus mon grand-père de son premier mariage. Cela donna une très belle famille et de nombreux petits-enfants. |
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Copyright 2007 Patrick Benichou