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La seconde comme une lueur d’espoir et qui m’a souvent redonné le courage de continuer à lutter, même dans des moments insupportables. «Quand il n’y a plus rien à espérer, c’est là qu’il ne faut pas désespérer. » - L’espoir est l’ultime devoir lorsque aucune issue n’apparaît à l’horizon. Le 4 septembre 1942, par le "Transport N°28" à 8 h 55. Maman, Erika et moi avons quitté Drancy par la gare du Bourget, pour une destination inconnue. Ce train emportait 1000 personnes. En 1945 seules 25 hommes et 2 femmes ont survécu. C’est dans des wagons cadenassés, prévus pour «8 chevaux ou 40 hommes», avec pour toute aération des petites ouvertures grillagées, furent entassées environ 70 personnes, femmes, enfants de tous âges, hommes, vieillards et invalides. Au sol se trouvait un peu de paille et dans un coin deux seaux, l’un contenant de l’eau potable, l’autre, devant lequel nous avions suspendu une couverture, prévu pour les besoins naturels. Il était devenu évident que notre destination ne pouvait pas être un camp de travail comme on essayait de nous le faire croire ! Le voyage paraissait n’en plus finir et l’angoisse grandissait au fur et à mesure. Dans ces sinistres wagons, l’odeur était irrespirable. Affamés, assoiffés, les gens pleuraient, gémissaient, certains frisaient l’hystérie. Plus tard j’ai appris qu’à l’arrivée on comptait parfois jusqu’à 30 morts par wagon. Pour la majorité ce fut le dernier voyage. Nous nous trouvions dans un total état d’épuisement physique et moral, quand après plusieurs jours de voyage, le train s’est arrêté en rase campagne près de Kosel, dans la région d’Auschwitz en Haute-Silésie. Les portes des wagons furent ouvertes avec fracas. L’aboiement des chiens se mêlait aux hurlements des SS ordonnant aux hommes valides, de 18 à 40 ans de sauter sur le ballaste, à plus de 1,50m du sol. - „ Schnell, Schnell ! Raus !“- C’est dans un vacarme et une panique infernale que les familles ont été séparées. Bien que n’ayant pas encore 18 ans, sachant que je ne pouvais être d’aucun secours pour ma mère et ma soeur, je ne voulais pas rester avec les enfants et les personnes âgées et souhaitais me joindre aux hommes valides. J'ai dû m’arracher à l’étreinte de ma mère. Devant mon insistance elle a finalement cédé, me serrant contre elle, le visage baigné de larmes, elle mit autour de mon cou en un geste purement symbolique son carré de soie, que j’ai précieusement réussi à garder quelque temps.C’était n’était pas une séparation mais un véritable déchirement. |
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Copyright 2007 Patrick Benichou