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Quand je suis allé rechercher ces chaussures, samedi dernier, j'ai trouvé la boutique fermée et le savetier dans un camp !! Et nos chaussures ? Devrons nous sortir en pantoufles, car il ne faut pas songer à les remplacer par ces temps de cartes, tickets ou bons ? Au Commissariat de Police, on ne sait rien, si ce n'est qu'il faudra, peut être, attendre la nomination d'un Commissaire Gérant, c'est à dire des mois et combien de paperasse, démarches et formalités ? N'étant certainement pas le seul dans ce cas, je vous serais obligé, Monsieur le Commissaire, de bien vouloir me laisser savoir ce qu'il faut faire pour rentrer en possession de ces chaussures, dont le besoin est impératif. Veuillez agréer, je vous prie, l'expression de ma considération distinguée.
Signé: P.V.
D’innombrables lettres de dénonciation, les unes plus odieuses que les autres se trouvent dans les documents des archives nationales. Alors que nous avions retrouvé une relative quiétude à Revel, des événements tragiques se produisaient dans la zone occupée par les Allemands et dans celle dite libre de «Vichy». Nous étions dans l’ignorance totale des lois française anti-juives promulguées dès 1940, ainsi que des arrestations dramatiques à Paris, des « Rafles de Vel-d’Hiv » du 16 et 17 juillet 1942, au cours desquelles 13.152 femmes, hommes et vieillards, dont 4.115 enfants en bas âge ont été arrêtés par la police parisienne et parqués dans des conditions terribles au « Vélodrome d’hiver », pour être ensuite déportés via Pithiviers, Beau la Rollande ou Drancy à Auschwitz. Étrangement, nous vivions préservés dans notre paisible coin du Lauragais, nous laissant espérer pouvoir rester en toute sécurité jusqu’à la fin de la guerre. Ce n’était hélas qu’une illusion ! |
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Copyright 2007 Patrick Benichou