Jean Philippe a été relevé de ses fonctions, déporté comme résistant et fusillé en Allemagne. Il a reçu à titre posthume la distinction bien méritée, de «JUSTE PARMI LES NATIONS», décerné par «Yad Vashem», à Jérusalem. ( Centre mondial de la mémoire).

Je lis cette lettre émouvante et courageuse dans le cadre des témoignages que je fais aujourd’hui fréquemment dans les écoles. Les élèves l’écoutent dans un silence respectueux. Elle devrait naturellement aussi trouver sa place dans un programme d'enseignement scolaire.

 

Il est évident que tous les Français n'avaient ni le courage ni la dignité du Commissaire Jean Philippe.

Voici un autre document datant du 20 mai 1941, d’une scandaleuse indifférence s’il est lu au premier degré ; une lettre d’une grande force, si au contraire, son auteur l’a écrite par dérision ; hypothèse que je n’exclu pas!

L'authenticité de ce courrier est certifiée par un cachet officiel.

 

Adresse et N° de Téléphone de l'expéditeur.

Monsieur le Commissaire Aux Questions Juives

 

Paris, le 20 mai 1941

 

Des milliers de Juifs étrangers ou non, ont été envoyés dans des camps de concentration.

Je n'y vois aucun inconvénient et je m'en moque, n'étant ni pro sémite ni antisémite.

Mais, ce dont je ne me moque pas, ce sont des incidences de cette mesure que l'administration n'a pas prévues, naturellement.

J'avais donné à réparer deux paires de chaussures, à ma femme et à moi, presque neuves (des coins d'acier à poser) à un petit cordonnier de la rue Lemercier, dont je ne savais rien, si ce n'est qu'il travaillait fort bien.

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