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Ne faut-il pas expliquer au cours de l’éducation civique les limites de l’obéissances. Ce n’est qu’en 1997, lorsque l’accès aux archives de Toulouse est devenu possible que j’ai pris connaissance de ce faux témoignage qui risquait de porter préjudice à cette honorable famille. Lors de la commémoration de sa mort en 1998, je me suis rendu spécialement à Revel pour cette manifestation et j’ai déposé au pied du monument une gerbe et témoigner ainsi par ma présence de la confiance et la reconnaissance que je porte au défunt. Il y a aussi eu des comportements courageux. La lettre de démission du Commissaire de Police PHILIPPE Jean, du 7ème Arrondissement de la Ville de Toulouse, datée du 13 janvier 1943 est exemplaire. Ce Commissaire a su, à un moment crucial, choisir avec abnégation son camp…
Monsieur l’Intendant Régional de Police. « Durant l’année écoulée, ayant l’honneur de servir sous vos ordres, j’ai eu l’illusion de servir mon Pays ; aujourd’hui - et en toute conscience- j’estime que la tâche qui m’incombe m’est imposée par une Administration servile qui se vautre dans la défaite. En conséquence trop loyal pour vous trahir, je considère qu’il ne m’est plus possible de vous affirmer mon dévouement. Peut-être me répondrez-vous que je suis lié par un serment librement consenti : ce serment, je l’ai prêté à un chef d’État incarnant la France ; en fait, c’est à la France et à Elle seule que j’ai juré fidélité. Il vous restera à apprécier si, changeant de camp, je sers ou trahis ma patrie. En ce qui me concerne, je n’admets qu’une voie : celle du Devoir. Votre autorité d’Intendant me blâmera et me frappera peut-être, mais j’ai l’intime conviction que votre coeur de soldat me comprendra. C’est au Colonel, au Légionnaire que j’adresse ces mots d’adieu, avec le secret espoir que l’avenir me permettra de servir encore sous ses ordres, mais selon mon Idéal et la seule loi qu’un Français puisse admettre : celle de l’Honneur. En vous exprimant ma gratitude pour la bienveillante autorité dont vous fîtes toujours preuve à mon égard, je vous prie, mon Colonel, de vouloir bien agréer l’expression de mon respect »
Signé : Philippe |
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Copyright 2007 Patrick Benichou