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C’était en septembre 1938, que ces anciens ressortissants Polonais ont été emmenés de force à la frontière. Le refus catégorique de la Pologne de les accepter, obligea l’Allemagne bien malgré eux, à les ramener à leur point de départ. Dès le 8, avec Goebbels pour maître d’oeuvre, un immense pogrom se prépare, destiné à semer la terreur dans la plupart des villes d’Allemagne et d’Autriche. Le 9 novembre au soir, dès que la mort de Von Rath est connue, le signal est donné. Une centaine de synagogues furent brûlées et saccagées, les magasins et appartements des juifs, pillés et incendiés. Des Bibles, des livres de prières, les oeuvres d’Einstein, Freud, Zweig, Thomas Mann et tant d’autres, ont fait l’objet d’autodafé. Quand on commence à brûler les livres on fini par brûler les hommes! Le nom de la tristement célèbre : “NUIT DE CRISTAL”.“Kristalnacht” dénomination qui évoque tout naturellement la pureté du cristal, pouvant donner à penser qu’il s’agit de la célébration d’une nuit de fête, est hélas dû au débris des vitres cassées à coup de barre de fer et les vitrines brisées, jonchaient le sol. Tout cela est organisé par les SA avec la complicité des policiers. C’est la nuit qui annonce le début de l’anéantissement des communautés juives d’Europe. Elle donna aussi lieu à une nouvelle et importante vague d’arrestations. Mon père fut pris dans cette rafle et libéré après quelques jours. Probablement en sa qualité d’ancien combattant et invalide de guerre. Les francs-maçons, les socialistes, les communistes, les intellectuels jugés dangereux pour ce régime, qu’ils fussent juifs ou non, furent envoyés dans les camps de concentration. Certains se suicidèrent pour ne pas tomber entre les mains des nazis. Les biens juifs furent confisqués et comble d’ironie les nazis exigèrent de la communauté une amende de 1 milliard de Marks, pour compenser les dégâts commis par les SA, déchaînés. Dès lors, l’affolement fut à son paroxysme. Nous vivions tous dans la hantise de nouvelles représailles. En Allemagne et en Autriche les populations ont assisté à ces événements barbares, silencieuses et sans réactions. Régulièrement la jeunesse hitlérienne, avec férocité et pleine de hargne, défilait dans les rues en chantant à tue-tête : “Quand enfin le sang juif jaillira de la pointe de nos poignards, cela ira mieux… Auschwitz signe l’avènement du non-être. Là où l’humain n’a plus de sens ! |
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Copyright 2007 Patrick Benichou