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Lui-même évoque cette idylle avec
cette jeune fille, ce qui m’autorise à en parler et à dire combien nous
étions tous émus par l’amour de ces deux jeunes gens.
Cette histoire très romantique nous
montrait que, même au camp, il y avait place pour des sentiments purs et
désintéressés. Elle apportait à chacun d’entre nous, une part de rêve qui
faisait tellement défaut dans notre vie misérable.
Lorsqu’en janvier 1945 l’Armée
soviétique approchant d’Auschwitz, nous fûmes tous poussés sur la route
dans une longue marche forcée vers l’Ouest, il n’hésita pas à prendre le
risque de sauter du wagon avec un de ses camarades dans l’espoir de se
cacher jusqu’à l’arrivée des soldats russes. Il savait pourtant que s’il
était retrouvé par les SS ou dénoncé par des habitants de la région, il
serait abattu sur place. Après quelques jours d’errance et de danger dans
la zone des combats, il a été libéré.
Il avait ainsi échappé à un transport de plusieurs jours en wagon
découvert, par un froid glacial, au cours duquel beaucoup de déportés sont
morts, de faim et d’épuisement. Cette évasion, jugée trop risquée par la
plupart, lui a permis de réduire de quelques mois sa déportation, pendant
lesquels le typhus et la faim ont provoqué la mort d’un grand nombre de
déportés, très peu de temps avant la fin de la guerre. Là où certains ont
hésité et renoncé, il avait eu l’instinct de se dire « j’ai une chance,
maintenant, tout de suite, je dois la saisir ».
Le récit de Paul ne s’arrête pas à la
libération et à son retour.
A peine arrivée en France, il avait eu la
douleur d’apprendre que son père était mort à l’hôpital de Revel peu après
la déportation de sa femme et de ses enfants.
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